Réponse courte
Le permis d'exploitation est valable 10 ans. À l'issue de cette période, une formation de renouvellement de 6 heures permet de prolonger le permis pour 10 ans supplémentaires.
À retenir
- Le permis d'exploitation est valable 10 ans.
- Le renouvellement se fait par une mise à jour minimale de 6 heures.
- La licence alcool ne fonctionne pas comme le permis : elle n'expire pas tous les 10 ans, mais elle peut être annulée après un arrêt d'exploitation prolongé.
- Le permis de l'ancien gérant ou du vendeur ne couvre pas automatiquement le repreneur.
Introduction
Le permis d'exploitation fait partie des sujets qui reviennent sans arrêt chez les restaurateurs, les repreneurs de bar, les créateurs de brasserie, les exploitants de licence IV, les hôtels-restaurants, les snacks qui veulent vendre de l'alcool avec les repas, ou les entrepreneurs qui reprennent un fonds de commerce.
La question paraît simple : combien de temps le permis d'exploitation est-il valable ?
La réponse courte est claire : le permis d'exploitation est valable 10 ans. À l'issue de cette période, il peut être renouvelé pour une nouvelle période de 10 ans après une formation de mise à jour des connaissances d'une durée minimale de 6 heures.
Mais sur le terrain, cette réponse ne suffit pas. Parce que les professionnels ne confondent pas seulement une date. Ils confondent souvent :
- le permis d'exploitation ;
- la licence III ;
- la licence IV ;
- la petite licence restaurant ;
- la licence restaurant ;
- la licence à emporter ;
- le récépissé de déclaration ;
- le renouvellement du permis ;
- la mutation ou le transfert d'une licence ;
- la péremption d'une licence après cessation d'activité ;
- la formation obligatoire initiale ;
- la formation de mise à jour de 6 heures.
Et c'est exactement là que les erreurs commencent.
Un restaurateur peut penser que sa licence restaurant expire au bout de 10 ans, alors que c'est le permis d'exploitation qui a une durée de validité. Un repreneur peut croire qu'il suffit de racheter une licence IV pour ouvrir, alors qu'il doit aussi déclarer l'exploitation et disposer d'un permis valide. Un gérant peut retrouver un permis datant de 2013 et ne pas comprendre s'il doit refaire 20 heures ou seulement suivre la mise à jour de 6 heures. Un entrepreneur peut vouloir vendre de l'alcool à emporter de nuit et découvrir qu'il ne s'agit pas du même sujet qu'un restaurant qui sert du vin à table.
Chez REA Formation, nous accompagnons chaque année plusieurs milliers de professionnels des secteurs réglementés : restaurateurs, bars, brasseries, snacks, hôtels-restaurants, établissements de nuit, traiteurs, food trucks, commerces alimentaires et créateurs d'entreprise. Notre expérience montre une chose : le permis d'exploitation n'est pas seulement une formalité administrative. C'est un passage obligé pour comprendre les responsabilités attachées à la vente d'alcool.
Cette page a donc été conçue comme une ressource complète. Elle répond aux recherches les plus fréquentes :
- validité permis d'exploitation ;
- renouvellement permis d'exploitation ;
- permis d'exploitation valable 10 ans ;
- formation permis d'exploitation 6 h ;
- permis d'exploitation expiré ;
- refaire permis d'exploitation ;
- licence 3 et permis d'exploitation ;
- licence 4 et permis d'exploitation ;
- licence restaurant ;
- déclaration débit de boissons ;
- mutation licence ;
- ouverture restaurant alcool ;
- vente alcool à emporter de nuit.
L'objectif n'est pas de vous noyer dans le juridique. L'objectif est de vous aider à comprendre ce que vous devez faire, dans quel ordre, avec quels documents, et quelles erreurs éviter avant une ouverture, une reprise, un changement de gérant ou un contrôle.
La réponse rapide
Le permis d'exploitation est valable 10 ans.
À la fin de ces 10 ans, il peut être prolongé pour une nouvelle période de 10 ans si l'exploitant suit une formation de mise à jour des connaissances d'une durée minimale de 6 heures.
La formation initiale classique pour obtenir le permis d'exploitation dure au minimum 20 heures, réparties sur au moins 3 jours. Dans certains cas particuliers, notamment pour une personne justifiant d'une expérience professionnelle de 10 ans en qualité d'exploitant, la durée minimale peut être réduite à 6 heures. Les loueurs de chambres d'hôtes relèvent d'une formation adaptée de 7 heures.
À retenir
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| Le permis d'exploitation expire-t-il ? | Oui. Il est valable 10 ans. |
| Comment le renouveler ? | En suivant une mise à jour des connaissances d'au moins 6 heures. |
| Le renouvellement donne-t-il 10 ans de plus ? | Oui, le permis est prolongé pour une nouvelle période de 10 ans. |
| La formation initiale dure combien de temps ? | En principe 20 heures minimum sur au moins 3 jours. |
| La licence expire-t-elle aussi au bout de 10 ans ? | Non. Il faut distinguer permis et licence. |
| Une licence peut-elle disparaître ? | Oui, notamment après une cessation d'exploitation de 5 ans dans les conditions prévues. |
| Faut-il un permis pour vendre de l'alcool à consommer sur place ? | Oui pour les établissements concernés. |
| Faut-il un permis d'exploitation pour la vente à emporter de jour ? | Non pour le permis d'exploitation classique, mais une déclaration reste nécessaire. |
| Et pour la vente à emporter de nuit ? | Une formation spécifique est requise entre 22 h et 8 h. |
Permis d'exploitation : de quoi parle-t-on exactement ?
Le permis d'exploitation est l'attestation délivrée après une formation obligatoire portant sur les droits et obligations liés à l'exploitation d'un débit de boissons ou d'un établissement disposant d'une licence restaurant.
Il concerne notamment les professionnels qui souhaitent exploiter :
- un débit de boissons à consommer sur place ;
- un bar ;
- un café ;
- une brasserie ;
- un pub ;
- une discothèque ;
- un restaurant qui vend de l'alcool ;
- un hôtel-restaurant ;
- un établissement pourvu de la petite licence restaurant ;
- un établissement pourvu de la licence restaurant ;
- une licence III ;
- une licence IV.
La formation ne sert pas seulement à obtenir un document. Elle doit permettre au futur exploitant de comprendre ses responsabilités : protection des mineurs, prévention de l'ivresse publique, lutte contre l'alcoolisme, bruit, stupéfiants, discrimination, responsabilité civile et pénale, risques de fermeture administrative, règles de déclaration, obligations liées à la vente d'alcool.
Pourquoi le permis existe
Vendre de l'alcool n'est pas une activité commerciale ordinaire. Le professionnel ne vend pas seulement une boisson. Il exploite une activité encadrée pour des raisons de santé publique, d'ordre public et de protection des personnes.
Un exploitant doit savoir répondre à des situations très concrètes :
- Peut-on servir un client manifestement ivre ?
- Comment réagir si un mineur demande de l'alcool ?
- Quelles affiches doivent être présentes ?
- Quelles sont les conséquences d'une vente irrégulière ?
- Qu'est-ce qui peut entraîner une fermeture administrative ?
- Que faire en cas de tapage ou de trouble de voisinage ?
- Quelle licence faut-il selon l'activité ?
- Quelle déclaration effectuer avant l'ouverture ?
- Le récépissé prouve-t-il le droit d'exploiter ?
- Que se passe-t-il en cas de changement de gérant ?
Une formation sérieuse doit transformer ces règles en réflexes d'exploitation. C'est ce qui fait la différence entre une attestation obtenue et une activité réellement sécurisée.
Permis d'exploitation, licence, récépissé : trois documents à ne pas confondre
C'est la confusion numéro un sur le terrain.
Le permis d'exploitation, la licence et le récépissé de déclaration ne sont pas la même chose.
| Document | À quoi il sert | Durée ou logique |
|---|---|---|
| Permis d'exploitation | Atteste que l'exploitant a suivi la formation obligatoire. | Valable 10 ans, renouvelable par mise à jour. |
| Licence | Autorise la vente d'une catégorie de boissons selon l'activité. | Durée indéterminée, mais peut disparaître en cas de cessation prolongée. |
| Récépissé de déclaration | Prouve que la déclaration administrative a été effectuée. | À conserver comme preuve de la déclaration. |
Le permis d'exploitation
Le permis est lié à la formation et à la personne qui l'a suivie. Il atteste que l'exploitant a participé à la formation prévue pour connaître ses droits et obligations.
Il a une durée de validité de 10 ans.
La licence
La licence correspond au droit de vendre certaines boissons alcooliques dans un certain cadre :
- consommation sur place ;
- restauration ;
- vente à emporter ;
- groupes de boissons autorisés.
La licence n'est pas une formation. Elle ne prouve pas que l'exploitant a été formé. Elle définit le périmètre de vente d'alcool.
Le récépissé de déclaration
Avant l'ouverture, la mutation, la translation ou certaines opérations liées à la licence, une déclaration doit être effectuée. Le récépissé remis par l'administration prouve que cette déclaration a été faite.
Il ne remplace pas le permis. Il ne remplace pas non plus la licence. Il fait partie du dossier administratif.
La validité du permis d'exploitation : 10 ans
Contrairement à la formation HACCP, où la question de validité est souvent plus nuancée, le permis d'exploitation a une règle claire : 10 ans.
Cette durée est importante parce qu'elle conditionne la capacité à présenter une attestation valide lors d'une démarche administrative ou d'un contrôle.
Un permis délivré il y a plus de 10 ans doit donc être traité sérieusement. Si aucune mise à jour n'a été suivie, il faut prévoir un renouvellement.
Exemple simple
Un exploitant a obtenu son permis d'exploitation le 15 mars 2016. En principe, son permis arrive à échéance le 15 mars 2026. Pour continuer à disposer d'un permis valide, il doit suivre une mise à jour des connaissances avant ou autour de cette échéance. Une fois la mise à jour réalisée, son permis est prolongé pour une nouvelle période de 10 ans.
Ce que signifie "valable 10 ans"
Cela ne veut pas dire que la licence disparaît au bout de 10 ans. Cela ne veut pas dire non plus que l'établissement doit refaire une déclaration tous les 10 ans uniquement parce que le permis arrive à échéance.
Cela signifie que l'attestation de permis d'exploitation doit être renouvelée par une formation de mise à jour si l'exploitant veut conserver un permis valide.
Ce que nous observons sur le terrain
Beaucoup de professionnels découvrent la date trop tard :
- au moment de déposer une déclaration ;
- lors d'une reprise ;
- lorsque la mairie demande les pièces ;
- pendant une mutation de licence ;
- après un contrôle ;
- lors de la préparation d'un dossier bancaire ou administratif ;
- quand un cabinet ou un conseiller vérifie les documents du fonds.
Le problème n'est pas seulement de suivre 6 heures de formation. Le problème est le délai. Si l'ouverture est prévue dans quelques jours et que le permis est expiré, toute la chronologie peut devenir tendue.
Le renouvellement du permis d'exploitation
Le renouvellement se fait par une formation de mise à jour des connaissances d'une durée minimale de 6 heures.
Cette formation permet de prolonger la validité du permis pour 10 ans supplémentaires.
Pourquoi une mise à jour est prévue
Le permis d'exploitation porte sur des règles qui évoluent, mais aussi sur des situations qui se rencontrent différemment selon les établissements. En 10 ans, un exploitant peut avoir changé d'activité, de commune, de clientèle, d'horaires, d'équipe, de format de vente ou de niveau de risque.
La mise à jour sert à réactiver les points essentiels :
- obligations liées à la vente d'alcool ;
- protection des mineurs ;
- prévention de l'ivresse publique ;
- responsabilité civile et pénale ;
- pouvoirs de police administrative ;
- fermeture administrative ;
- bruit et voisinage ;
- stupéfiants ;
- discrimination ;
- affichages obligatoires ;
- démarches liées à la licence ;
- bonnes pratiques de gestion d'un établissement.
Formation initiale ou renouvellement : comment choisir ?
| Situation | Formation généralement adaptée |
|---|---|
| Vous n'avez jamais eu de permis d'exploitation | Formation initiale de 20 heures minimum. |
| Votre permis arrive à 10 ans | Mise à jour / renouvellement de 6 heures minimum. |
| Votre permis a dépassé 10 ans | Mise à jour à prévoir rapidement ; vérifiez votre situation avec l'organisme. |
| Vous avez 10 ans d'expérience comme exploitant au moment de l'opération | Formation de 6 heures possible dans le cadre prévu. |
| Vous exploitez des chambres d'hôtes avec alcool | Formation adaptée de 7 heures. |
| Vous vendez de l'alcool à emporter la nuit | Formation spécifique distincte. |
Faut-il renouveler avant la date exacte ?
En pratique, il est préférable de ne pas attendre le dernier moment. Le bon réflexe est de vérifier la date du permis plusieurs mois avant l'échéance.
Une marge de sécurité évite :
- de bloquer une déclaration ;
- de retarder une reprise ;
- de devoir chercher une formation dans l'urgence ;
- de se retrouver avec un dossier incomplet ;
- de découvrir une difficulté administrative la semaine de l'ouverture.
Que se passe-t-il si le permis d'exploitation est expiré ?
Un permis expiré n'est pas un détail. Si vous devez présenter un permis valide pour une démarche ou pour justifier de votre situation, l'expiration peut créer un blocage.
Cas 1 : vous exploitez déjà
Si vous exploitez déjà un établissement et que vous découvrez que votre permis a dépassé 10 ans, il faut organiser rapidement la mise à jour. Ne laissez pas le sujet traîner.
Le risque principal est de ne pas pouvoir justifier d'un permis valide en cas de contrôle ou de démarche administrative.
Cas 2 : vous reprenez un établissement
Lors d'une reprise, l'ancien exploitant peut avoir un permis valide, mais cela ne règle pas automatiquement votre situation. Le repreneur doit vérifier son propre besoin de formation, la déclaration, la licence, les délais et les documents à déposer.
Un fonds de commerce peut être intéressant, la licence peut exister, mais le repreneur doit être personnellement prêt à exploiter dans le cadre applicable.
Cas 3 : vous changez de gérant
Le changement de gérant est une situation très fréquente. Il ne faut pas simplement regarder les documents de l'ancien dirigeant. Il faut vérifier qui exploite réellement, qui est déclaré, qui dispose du permis, et si la déclaration de mutation ou de changement est bien effectuée dans les délais.
Cas 4 : vous déposez une déclaration en mairie
La déclaration préalable doit être faite au moins 15 jours avant l'ouverture, la mutation ou la translation. Pour un établissement à consommation sur place, le permis d'exploitation valide fait partie des pièces importantes.
Si votre permis est expiré, la démarche peut être ralentie ou fragilisée.
Licence III, licence IV, licence restaurant : comprendre avant de choisir
Le permis d'exploitation ne remplace pas le choix de la bonne licence.
Les groupes de boissons
En pratique, les professionnels raisonnent souvent ainsi :
- boissons sans alcool ou traces très faibles : vente libre ;
- boissons fermentées non distillées jusqu'à 18 degrés : vin, bière, cidre, poiré, porto, crème de cassis, etc. ;
- alcools forts et boissons de plus de 18 degrés : whisky, vodka, rhum, gin, pastis, cognac, armagnac, etc.
Le type de licence dépend à la fois :
- des boissons vendues ;
- du mode de consommation ;
- de l'activité : bar, restaurant, vente à emporter, commerce, ambulant ;
- du moment de vente, notamment pour l'alcool à emporter de nuit.
Licence III
La licence III, souvent appelée licence restreinte, permet la vente à consommer sur place de boissons alcooliques du groupe 3, comme le vin, la bière ou le cidre.
Elle concerne par exemple un bar ou une brasserie qui ne vend pas d'alcools forts.
Licence IV
La licence IV permet la vente à consommer sur place des boissons des groupes 4 et 5, c'est-à-dire les alcools forts.
Point important : la création de nouvelles licences IV est interdite. Pour exploiter une licence IV, il faut généralement racheter, transférer ou reprendre une licence existante dans le cadre autorisé.
Petite licence restaurant
La petite licence restaurant permet de vendre certains alcools en accompagnement des repas, dans le cadre de la restauration.
Elle est adaptée à un restaurant qui sert par exemple du vin ou de la bière avec les repas, mais qui n'exploite pas un bar indépendant.
Licence restaurant
La licence restaurant permet de vendre des boissons alcooliques avec les repas, y compris des alcools plus forts, dans les limites applicables à l'activité de restauration.
Un restaurant qui sert uniquement de l'alcool à l'occasion des repas n'a pas forcément besoin d'une licence III ou IV. Il peut relever d'une licence restaurant selon son activité.
Tableau pratique
| Situation | Licence à regarder | Permis d'exploitation ? |
|---|---|---|
| Bar qui vend bière et vin sur place | Licence III | Oui |
| Bar qui vend alcools forts sur place | Licence IV | Oui |
| Restaurant qui sert vin/bière uniquement avec les repas | Petite licence restaurant | Oui |
| Restaurant qui sert tout type d'alcool avec les repas | Licence restaurant | Oui |
| Épicerie qui vend de l'alcool à emporter en journée | Licence à emporter | Pas le permis d'exploitation classique, mais déclaration. |
| Vente d'alcool à emporter entre 22 h et 8 h | Licence à emporter + formation spécifique | Permis de vente à emporter de nuit. |
| Food truck ambulant | Cas à vérifier selon vente et consommation | Attention aux restrictions sur alcools forts. |
Déclaration préalable : l'étape que beaucoup sous-estiment
Le permis d'exploitation ne suffit pas. Pour exploiter une licence, une déclaration préalable doit être effectuée.
Pour l'ouverture, la mutation ou la translation, la déclaration doit être faite au moins 15 jours à l'avance. À Paris et en Alsace-Moselle, les interlocuteurs administratifs peuvent différer, avec des démarches en préfecture selon les cas.
Les documents à conserver
Un dossier solide doit contenir :
- le permis d'exploitation valide ;
- le formulaire de déclaration ;
- le récépissé de déclaration ;
- les pièces d'identité ou justificatifs requis ;
- les documents relatifs à la licence ;
- les actes de cession ou documents de reprise si nécessaire ;
- les éléments relatifs à la mutation, translation ou transfert ;
- les preuves de renouvellement du permis si le permis initial est ancien.
Le récépissé ne fait pas tout
Le récépissé prouve que la déclaration a été faite. Il ne prouve pas à lui seul que toutes les conditions d'exploitation sont réunies. Il doit être compris comme une pièce du dossier, pas comme un document magique.
Sur le terrain, nous voyons souvent des professionnels qui ont un récépissé mais ne savent pas expliquer la licence, le permis, les horaires, les affichages ou les obligations liées à la vente d'alcool. Ce manque de maîtrise peut poser problème.
La licence a-t-elle une durée de validité ?
La licence n'a pas la même logique que le permis.
Le permis d'exploitation a une validité de 10 ans. La licence, elle, a une durée de validité indéterminée, mais elle peut être perdue dans certaines situations, notamment en cas de cessation d'exploitation prolongée.
Selon les règles applicables, une licence de débit de boissons qui a cessé d'exister depuis plus de 5 ans peut être considérée comme supprimée et ne plus être transmissible.
La confusion classique
Un professionnel dit : “Ma licence expire bientôt.”
En réalité, il parle souvent de son permis d'exploitation. La licence et le permis n'ont pas le même régime.
Cas concret
Un bar possède une licence IV. Le gérant a suivi son permis d'exploitation en 2014. En 2026, la licence existe toujours si elle est régulièrement exploitée et conforme, mais le permis du gérant doit être renouvelé car il a dépassé 10 ans.
À l'inverse, une licence peut devenir problématique si l'établissement cesse d'être exploité pendant plusieurs années, même si une personne possède encore un permis d'exploitation valide.
Notre retour de terrain chez REA Formation
Chez REA Formation, les questions sur le permis d'exploitation arrivent souvent à des moments de pression :
- signature imminente d'un bail ;
- reprise de fonds de commerce ;
- rendez-vous en mairie ;
- ouverture prévue dans deux semaines ;
- dossier bancaire ;
- rachat de licence IV ;
- changement de gérant ;
- passage d'un snack sans alcool à une activité avec alcool ;
- développement d'un restaurant en bar-restaurant ;
- vente à emporter de nuit ;
- contrôle ou demande de justificatifs.
La difficulté n'est pas seulement de comprendre la règle des 10 ans. La difficulté est de replacer cette règle dans la vraie chronologie d'un projet.
Ce qui bloque le plus souvent
Les blocages les plus fréquents sont :
- permis expiré découvert trop tard ;
- confusion entre licence restaurant et licence IV ;
- croyance qu'une licence rachetée suffit à exploiter ;
- déclaration préalable oubliée ;
- délai de 15 jours non anticipé ;
- mauvais choix entre consommation sur place et vente à emporter ;
- dossier incomplet pour la mairie ;
- ancien gérant formé, mais nouveau gérant non formé ;
- changement d'activité non analysé ;
- licence inactive depuis trop longtemps ;
- vente d'alcool de nuit à emporter sans formation spécifique.
Notre conseil principal
Ne commencez pas par demander “quelle formation est la moins chère ?”
Commencez par clarifier votre situation :
- Que vendez-vous ?
- À qui ?
- À quel moment ?
- Sur place ou à emporter ?
- Avec repas ou hors repas ?
- Avec quels groupes de boissons ?
- Qui exploite réellement ?
- Quelle licence existe ?
- Quelle déclaration doit être faite ?
- Quelle est la date du permis ?
Une fois ces questions posées, le choix de formation devient beaucoup plus simple.
Quand faut-il refaire ou renouveler son permis d'exploitation ?
1. Votre permis approche des 10 ans
C'est le cas le plus évident. Si votre permis arrive à échéance, prévoyez la mise à jour de 6 heures.
Ne raisonnez pas au mois près si vous avez une opération administrative en cours. Si vous préparez une reprise, un changement ou une déclaration, renouvelez avant que le dossier ne devienne urgent.
2. Votre permis a plus de 10 ans
Dans ce cas, il faut agir rapidement. Un permis de plus de 10 ans sans mise à jour ne doit pas être considéré comme valide pour continuer sereinement les démarches.
Le bon réflexe : programmer une formation de renouvellement et conserver la nouvelle attestation avec vos documents d'exploitation.
3. Vous reprenez un établissement
Lors d'une reprise, vérifiez à la fois :
- la licence ;
- la situation administrative ;
- les délais de déclaration ;
- votre propre permis ;
- l'identité du futur exploitant ;
- la date de validité du permis ;
- les particularités locales ;
- les éventuelles zones protégées ;
- les restrictions liées à l'activité.
Ne vous contentez pas des documents de l'ancien exploitant.
4. Vous changez de gérant
Le nouveau gérant doit être en capacité d'exploiter dans le cadre réglementaire. Si l'ancien gérant avait le permis et quitte l'entreprise, il faut vérifier la situation du nouveau responsable.
Dans les petites structures, cette erreur est fréquente : le permis était “dans le dossier”, mais il appartenait à une personne qui n'est plus là.
5. Vous transformez votre activité
Un restaurant qui devient bar-restaurant, un snack qui commence à vendre de la bière, une épicerie qui vend de l'alcool à emporter de nuit, ou un établissement qui modifie ses horaires doit revoir son cadre.
Le permis, la licence et les démarches peuvent changer.
6. Vous rachetez une licence IV
Racheter une licence IV ne suffit pas. Il faut vérifier sa validité, sa possibilité de transfert ou de mutation, les règles locales, les zones protégées, les délais et le permis d'exploitation du futur exploitant.
La licence IV est un actif précieux. Justement pour cette raison, elle doit être vérifiée avec méthode.
7. Vous ouvrez après une longue fermeture
Si une licence n'a pas été exploitée pendant plusieurs années, la question de sa péremption doit être analysée. Ne partez pas du principe qu'une vieille licence retrouvée dans un dossier est automatiquement exploitable.
Cas pratiques par activité
Restaurant traditionnel
Un restaurant qui sert du vin ou de la bière uniquement à l'occasion des repas peut relever d'une petite licence restaurant. S'il sert des alcools plus forts avec les repas, il peut relever de la licence restaurant.
Points à vérifier
- Le service d'alcool est-il toujours lié au repas ?
- Les boissons sont-elles servies hors repas ?
- L'établissement souhaite-t-il développer un bar ?
- Le permis du dirigeant est-il valide ?
- La déclaration a-t-elle été faite dans les délais ?
- Les affichages obligatoires sont-ils présents ?
Conseil terrain
Beaucoup de restaurateurs veulent “ajouter un petit bar” sans mesurer que l'activité peut changer de nature. Si l'alcool devient vendu en dehors des repas, la licence restaurant peut ne plus suffire. Il faut raisonner sur l'usage réel, pas sur l'idée de départ.
Bar et brasserie
Le bar est l'activité la plus directement concernée. La vente d'alcool est au cœur de l'exploitation.
Points critiques
- licence III ou IV ;
- permis d'exploitation valide ;
- déclaration préalable ;
- horaires ;
- mineurs ;
- ivresse publique ;
- bruit ;
- voisinage ;
- sécurité ;
- risque de fermeture administrative.
Conseil terrain
Dans un bar, la formation n'est pas théorique. Elle doit servir à gérer des situations de service : client alcoolisé, groupe bruyant, contrôle, refus de vente, pression commerciale, conflit en terrasse, vérification d'âge.
Reprise de licence IV
La licence IV attire beaucoup de repreneurs parce qu'elle permet la vente d'alcools forts. Mais elle est aussi l'un des sujets les plus sensibles.
Checklist avant reprise
- La licence existe-t-elle réellement ?
- A-t-elle été exploitée récemment ?
- Peut-elle être transférée ou mutée ?
- La commune ou la zone permet-elle l'exploitation ?
- Y a-t-il une zone protégée ?
- Les délais administratifs sont-ils compatibles avec l'ouverture ?
- Le futur exploitant possède-t-il un permis valide ?
- Le permis a-t-il moins de 10 ans ?
Conseil terrain
Ne signez pas en vous basant uniquement sur une phrase du vendeur. Une licence IV doit être vérifiée. Le permis d'exploitation du repreneur doit aussi être anticipé.
Hôtel-restaurant
L'hôtel-restaurant peut cumuler plusieurs situations : restaurant ouvert aux clients extérieurs, bar d'hôtel, room service, minibar, événements, petits-déjeuners, service de boissons en terrasse.
Points à vérifier
- L'alcool est-il servi uniquement avec les repas ?
- Le bar est-il ouvert indépendamment ?
- Les clients extérieurs peuvent-ils consommer ?
- Des événements privés sont-ils organisés ?
- La licence couvre-t-elle l'activité réelle ?
- Le personnel sait-il gérer les mineurs et l'ivresse ?
Conseil terrain
Dans l'hôtellerie, les usages évoluent vite : afterwork, terrasse, séminaire, rooftop, service tardif. Chaque évolution doit être relue à la lumière de la licence et du permis.
Snack, fast-food, kebab, pizzeria
Un snack peut vouloir vendre de la bière ou du vin avec les repas. La question est alors de savoir si la consommation se fait sur place, à emporter, avec repas, hors repas, de jour ou de nuit.
Points à vérifier
- Vente sur place ou à emporter ?
- Vente après 22 h ?
- Alcool consommé avec un repas ?
- Licence adaptée ?
- Déclaration effectuée ?
- Permis nécessaire ?
Conseil terrain
La petite phrase “on vend juste quelques bières” ne suffit pas. La réglementation regarde le type de vente, les horaires, le mode de consommation et la licence.
Épicerie, supérette, commerce alimentaire
La vente à emporter de boissons alcooliques relève d'une autre logique que la consommation sur place. Une déclaration est nécessaire, et la vente de nuit entre 22 h et 8 h impose une formation spécifique.
Points de vigilance
- vente de jour ou de nuit ;
- petite ou grande licence à emporter ;
- interdictions particulières ;
- vente aux mineurs ;
- affichages ;
- horaires ;
- alcool réfrigéré selon certains commerces ;
- contrôle municipal ou préfectoral.
Conseil terrain
Le piège est de croire que la vente à emporter est plus simple parce qu'il n'y a pas de service en salle. Elle est différente, mais elle reste encadrée.
Food truck et activité ambulante
L'activité ambulante impose de vérifier les règles applicables au lieu de vente, au type de boissons et au mode de consommation. Les commerçants ambulants ne peuvent pas vendre des alcools forts dans les mêmes conditions qu'un établissement fixe.
Points à vérifier
- commune d'installation ;
- autorisation d'occupation ;
- type de boissons ;
- vente sur place ou à emporter ;
- événement temporaire ;
- licence ou autorisation spécifique ;
- horaires ;
- restrictions locales.
Conseil terrain
Un food truck ne doit pas raisonner comme un restaurant fixe. Chaque emplacement et chaque événement peut modifier les contraintes.
Les 15 erreurs les plus fréquentes
Erreur 1 : confondre permis et licence
Le permis prouve la formation. La licence autorise une catégorie de vente d'alcool. Les deux sont nécessaires dans de nombreux cas, mais ils ne remplissent pas la même fonction.
Erreur 2 : croire que la licence expire au bout de 10 ans
C'est le permis d'exploitation qui est valable 10 ans. La licence a une durée indéterminée, sous réserve des règles applicables, notamment en cas de cessation d'activité.
Erreur 3 : oublier le renouvellement de 6 heures
Un permis obtenu il y a plus de 10 ans doit être mis à jour. Le renouvellement n'est pas une nouvelle formation complète de 20 heures dans le cas classique : il s'agit d'une mise à jour d'au moins 6 heures.
Erreur 4 : attendre la semaine de l'ouverture
La déclaration préalable doit être anticipée. La formation aussi. Attendre la dernière semaine crée un risque de dossier incomplet.
Erreur 5 : croire que l'ancien gérant couvre le nouveau
Le permis de l'ancien exploitant ne règle pas automatiquement la situation du repreneur ou du nouveau gérant.
Erreur 6 : racheter une licence IV sans vérifier sa situation
Une licence IV doit être contrôlée : existence, exploitation récente, conditions de transfert, mutation, zones protégées, règles locales.
Erreur 7 : se tromper entre licence restaurant et licence IV
Un restaurant qui sert de l'alcool uniquement pendant les repas n'a pas forcément besoin d'une licence IV. À l'inverse, si l'établissement exploite un vrai bar, la licence restaurant peut ne pas suffire.
Erreur 8 : oublier la vente à emporter de nuit
Vendre de l'alcool à emporter entre 22 h et 8 h impose une formation spécifique. Ce n'est pas un détail pour une épicerie, une supérette, un commerce de nuit ou une activité de livraison.
Erreur 9 : négliger les zones protégées
Certains lieux peuvent limiter ou interdire l'installation d'un débit de boissons alcooliques à proximité. Il faut vérifier localement avant de s'engager.
Erreur 10 : croire que le récépissé autorise tout
Le récépissé prouve la déclaration. Il ne remplace pas le permis, la licence, ni la conformité globale de l'exploitation.
Erreur 11 : ne pas conserver les documents
Permis, récépissé, déclaration, justificatifs de licence, documents de mutation : tout doit être conservé et accessible.
Erreur 12 : oublier les affichages et obligations pratiques
Le permis ne sert pas seulement à obtenir un papier. Il rappelle aussi des obligations opérationnelles : protection des mineurs, ivresse publique, répression des troubles, affichages, bruit.
Erreur 13 : penser que l'expérience remplace toujours la formation
L'expérience peut jouer dans certains cas prévus, notamment pour une durée de formation réduite, mais elle ne supprime pas automatiquement toute obligation de formation ou de mise à jour.
Erreur 14 : vendre de l'alcool hors du cadre prévu
Servir un verre hors repas avec une licence restaurant, vendre de nuit sans formation adaptée, ou vendre des alcools forts dans un cadre ambulant non autorisé peut créer un risque sérieux.
Erreur 15 : voir le permis comme une contrainte sans valeur
Le permis protège aussi l'exploitant. Il donne les bases pour refuser une vente, gérer un client ivre, comprendre les responsabilités et éviter les décisions dangereuses.
Checklist : votre permis d'exploitation est-il à jour ?
| Question | Oui | Non |
|---|---|---|
| Connaissez-vous la date exacte de délivrance de votre permis ? | ||
| Votre permis a-t-il moins de 10 ans ? | ||
| Si le permis approche des 10 ans, avez-vous prévu la mise à jour ? | ||
| Le futur exploitant est-il bien la personne formée ? | ||
| En cas de reprise, avez-vous vérifié la licence ? | ||
| La déclaration préalable est-elle prévue au moins 15 jours avant ? | ||
| Le récépissé est-il conservé ? | ||
| La licence correspond-elle à l'activité réelle ? | ||
| Servez-vous de l'alcool hors repas ? | ||
| Vendez-vous de l'alcool à emporter après 22 h ? | ||
| Avez-vous vérifié les règles locales ou zones protégées ? | ||
| Vos affichages et consignes sont-ils à jour ? |
Si vous cochez plusieurs “non”, votre dossier mérite une vérification avant ouverture, reprise ou contrôle.
Chronologie idéale pour ouvrir ou reprendre
| Moment | Action |
|---|---|
| Avant de signer | Identifier l'activité exacte et le type de licence nécessaire. |
| Avant la reprise | Vérifier la licence, sa situation, les contraintes locales et le permis du futur exploitant. |
| 1 à 2 mois avant | Programmer la formation initiale ou le renouvellement si nécessaire. |
| Au moins 15 jours avant | Déposer la déclaration préalable avec les pièces nécessaires. |
| Avant ouverture | Conserver le récépissé et préparer les affichages. |
| À l'ouverture | Exploiter dans le cadre exact de la licence. |
| Chaque année | Vérifier les documents, horaires, pratiques, affichages et changements d'activité. |
| Avant 10 ans | Programmer la mise à jour de 6 heures pour renouveler le permis. |
Comment choisir la bonne formation ?
Une bonne formation permis d'exploitation ne doit pas seulement “faire passer les heures”. Elle doit permettre au professionnel de comprendre les situations qu'il va rencontrer.
Les critères utiles
- organisme agréé ;
- programme conforme ;
- explications concrètes ;
- cas pratiques ;
- adaptation au projet ;
- clarté sur les licences ;
- clarté sur la déclaration ;
- pédagogie accessible ;
- attestation délivrée correctement ;
- accompagnement sur les questions fréquentes.
Les questions à poser avant de s'inscrire
- Est-ce une formation initiale ou un renouvellement ?
- Combien d'heures dois-je suivre ?
- Le format est-il adapté à mon délai ?
- L'organisme peut-il m'expliquer la différence entre les licences ?
- Mon projet relève-t-il d'une consommation sur place ou d'une vente à emporter ?
- Dois-je prévoir une formation spécifique de nuit ?
- Quel document recevrai-je à la fin ?
Permis d'exploitation et permis de vente à emporter de nuit : ne mélangez pas les deux
La confusion est très fréquente, surtout chez les épiceries, supérettes, snacks ouverts tard, plateformes de livraison, caves, commerces alimentaires et établissements hybrides.
Le permis d'exploitation classique concerne principalement l'exploitation d'un débit de boissons à consommer sur place ou d'un établissement pourvu d'une licence restaurant ou petite licence restaurant. Il est lié à la vente d'alcool dans un cadre où le client consomme sur place, ou dans le cadre du repas pour les restaurants.
La vente à emporter d'alcool suit une autre logique. Pour vendre de l'alcool à emporter, l'établissement doit disposer de la licence adaptée et effectuer les démarches nécessaires. Lorsque cette vente à emporter a lieu la nuit, entre 22 h et 8 h, une formation spécifique est requise.
Pourquoi cette distinction est importante
Un exploitant peut parfaitement être concerné par plusieurs régimes à la fois.
Prenons un exemple simple : un restaurant sert du vin à table le midi et le soir. Il développe ensuite une activité de vente à emporter avec des bouteilles de vin, puis propose des commandes tardives après 22 h. Le cadre initial du restaurant ne suffit plus forcément à couvrir toutes les pratiques. Il faut vérifier séparément :
- la licence restaurant ou petite licence restaurant ;
- la vente à emporter ;
- les horaires ;
- la formation spécifique de nuit ;
- la déclaration ;
- les règles locales ;
- les affichages ;
- l'organisation réelle de la vente.
Le danger, sur le terrain, est de raisonner avec une phrase trop générale : “J'ai déjà le permis d'exploitation, donc je peux vendre de l'alcool.” Ce n'est pas assez précis. Il faut toujours préciser quel alcool, dans quel cadre, à quelle heure, sur place ou à emporter, avec ou sans repas.
Tableau comparatif
| Sujet | Permis d'exploitation | Vente à emporter de nuit |
|---|---|---|
| Activité visée | Débit de boissons à consommer sur place, restaurant avec licence adaptée. | Vente d'alcool à emporter entre 22 h et 8 h. |
| Public concerné | Bars, cafés, restaurants, brasseries, discothèques, hôtels-restaurants. | Épiceries, supérettes, caves, commerces de nuit, vente à distance selon activité. |
| Formation | Initiale 20 h minimum, renouvellement 6 h minimum. | Formation spécifique. |
| Durée de validité | 10 ans pour le permis d'exploitation. | À vérifier selon le permis et les textes applicables à l'activité. |
| Erreur fréquente | Croire que la licence suffit. | Croire que la vente à emporter de jour et de nuit sont identiques. |
Cas concret : l'épicerie ouverte tard
Une épicerie vend du vin, de la bière et des spiritueux à emporter. En journée, elle fonctionne avec une licence à emporter adaptée. Puis elle étend ses horaires et vend après 22 h.
À partir de ce moment, la question ne se limite plus à la licence. La vente de nuit impose une formation spécifique. L'exploitant doit aussi être particulièrement vigilant sur la vente aux mineurs, l'ivresse publique, les affichages, les horaires et les règles locales.
Cas concret : le restaurant qui livre des bouteilles
Un restaurant propose des repas livrés avec une bouteille de vin. Si la vente se fait dans le cadre d'une activité de livraison, il faut vérifier si la vente est bien couverte par la licence et les démarches réalisées. Si la livraison d'alcool intervient la nuit, la question de la formation spécifique devient centrale.
Ce type de situation est de plus en plus courant. Beaucoup d'établissements ont ajouté la livraison, les commandes en ligne ou les ventes additionnelles sans relire leur cadre administratif. C'est exactement le genre d'évolution qui mérite une vérification.
Les scénarios les plus fréquents et quoi faire
Pour rendre le sujet vraiment opérationnel, voici les situations que nous rencontrons le plus souvent chez les professionnels.
Scénario 1 : vous ouvrez un restaurant avec vente de vin et bière
Vous devez d'abord vérifier que la vente d'alcool se fait uniquement à l'occasion des repas. Si c'est le cas, la petite licence restaurant peut être adaptée pour certains alcools. Vous devez ensuite disposer du permis d'exploitation, effectuer la déclaration préalable et conserver le récépissé.
La bonne séquence :
- définir la carte et les boissons ;
- confirmer la licence adaptée ;
- suivre la formation permis d'exploitation ;
- déposer la déclaration dans les délais ;
- conserver les documents ;
- préparer les affichages et consignes.
Scénario 2 : vous ouvrez un bar à cocktails
Un bar à cocktails implique généralement la vente d'alcools forts à consommer sur place. La licence IV est donc souvent au cœur du projet. Comme les nouvelles licences IV ne sont plus librement créées, il faut vérifier la possibilité de rachat, mutation ou transfert.
La bonne séquence :
- identifier la licence IV disponible ;
- vérifier sa situation ;
- vérifier les zones protégées et contraintes locales ;
- obtenir ou renouveler le permis d'exploitation ;
- préparer la déclaration préalable ;
- anticiper les sujets bruit, voisinage, mineurs et ivresse.
Scénario 3 : vous reprenez une brasserie existante
La brasserie a peut-être une licence, un récépissé, un historique et un ancien exploitant formé. Mais cela ne suffit pas. Le repreneur doit vérifier que la licence est bien exploitable et que lui-même dispose d'un permis valide.
La bonne séquence :
- demander les documents de licence ;
- vérifier la date du dernier permis du futur exploitant ;
- programmer la formation si nécessaire ;
- préparer la déclaration de mutation ;
- vérifier la cohérence entre l'activité prévue et la licence ;
- ne pas oublier le délai de 15 jours.
Scénario 4 : vous passez d'un restaurant à un bar-restaurant
Au départ, l'établissement servait uniquement de l'alcool pendant les repas. Puis il développe un comptoir, des afterworks, des cocktails sans repas, une terrasse apéritive.
Le changement peut sembler commercialement naturel, mais juridiquement il modifie l'activité. Il faut donc vérifier si la licence restaurant suffit encore ou si une licence III ou IV devient nécessaire.
Scénario 5 : vous vendez à emporter après 22 h
Ce scénario concerne les épiceries, supérettes, caves, snacks et parfois restaurants en livraison. La question centrale est la formation spécifique à la vente à emporter de nuit.
La bonne séquence :
- vérifier la licence à emporter ;
- vérifier les horaires ;
- suivre la formation spécifique si vente entre 22 h et 8 h ;
- déclarer correctement ;
- mettre à jour les affichages ;
- sensibiliser l'équipe à la vente aux mineurs.
Contrôle, mairie, préfecture : comment présenter un dossier propre
Un dossier propre est un dossier simple à comprendre. Il ne doit pas obliger votre interlocuteur à reconstruire toute l'histoire de l'établissement.
Le classeur ou dossier numérique idéal
Regroupez dans un même endroit :
- permis d'exploitation initial ;
- attestation de renouvellement si le permis a plus de 10 ans ;
- licence concernée ;
- déclaration préalable ;
- récépissé ;
- documents de mutation ou de reprise ;
- justificatifs liés à la licence IV le cas échéant ;
- documents liés à la vente à emporter de nuit si concerné ;
- pièce d'identité ou justificatifs utiles ;
- coordonnées de l'organisme de formation ;
- dates clés de validité.
Le tableau de suivi interne
Même un petit établissement gagne à tenir un tableau très simple :
| Document | Date | Personne concernée | Échéance | Où le trouver |
|---|---|---|---|---|
| Permis d'exploitation | 12/04/2022 | Gérant | 12/04/2032 | Dossier licences |
| Déclaration préalable | 20/04/2022 | Société | Sans échéance directe | Dossier mairie |
| Récépissé | 20/04/2022 | Établissement | À conserver | Dossier mairie |
| Licence | 20/04/2022 | Établissement | À surveiller si cessation | Dossier licences |
Ce tableau évite l'une des erreurs les plus bêtes : ne plus savoir qui a le document, où il est rangé, et quand il doit être renouvelé.
Comment parler à la mairie ou à la préfecture
Soyez précis. Ne dites pas seulement : “Je veux vendre de l'alcool.”
Dites plutôt :
- “Je reprends un restaurant qui servira du vin et de la bière uniquement avec les repas.”
- “J'ouvre un bar à cocktails avec consommation sur place.”
- “Je fais une mutation de licence IV.”
- “Je vends à emporter et je souhaite ouvrir après 22 h.”
- “Je change de gérant et je veux vérifier le dossier.”
Plus votre demande est précise, plus la réponse administrative pourra être utile.
FAQ complète
Quelle est la durée de validité du permis d'exploitation ?
Le permis d'exploitation est valable 10 ans. À l'issue de cette période, il peut être renouvelé pour 10 ans supplémentaires après une formation de mise à jour des connaissances d'une durée minimale de 6 heures.
Le permis d'exploitation est-il obligatoire ?
Oui, pour les établissements concernés par la vente d'alcool à consommer sur place, notamment les débits de boissons et restaurants disposant d'une licence restaurant ou petite licence restaurant. La vente à emporter a un régime distinct, avec une formation spécifique pour la vente de nuit.
Combien de temps dure la formation initiale ?
La formation initiale classique dure au minimum 20 heures, réparties sur au moins 3 jours. Des cas particuliers existent, notamment pour certains exploitants expérimentés ou les chambres d'hôtes.
Combien de temps dure le renouvellement ?
La formation de renouvellement, ou mise à jour des connaissances, dure au minimum 6 heures.
Mon permis a plus de 10 ans. Dois-je refaire 20 heures ?
Dans le cas classique du renouvellement, la mise à jour est d'au moins 6 heures. Il est toutefois conseillé de vérifier votre situation avec l'organisme de formation, surtout si votre dossier présente une particularité.
La licence III est-elle valable 10 ans ?
Non. La règle des 10 ans concerne le permis d'exploitation. La licence a une logique différente. Elle peut toutefois être perdue ou supprimée dans certaines situations, notamment après cessation prolongée.
La licence IV est-elle valable à vie ?
La licence IV n'a pas une durée de validité de 10 ans comme le permis. Mais elle doit être exploitée et respecter les règles applicables. Une licence qui cesse d'exister depuis plus de 5 ans peut ne plus être transmissible.
Je rachète une licence IV. Dois-je suivre le permis d'exploitation ?
Oui, si vous êtes le futur exploitant concerné et que vous ne disposez pas déjà d'un permis valide adapté à votre situation. Racheter une licence ne remplace pas la formation.
Le permis de l'ancien gérant suffit-il ?
Non, pas pour couvrir automatiquement le nouveau gérant. Il faut vérifier qui exploite réellement et qui doit justifier du permis.
Peut-on ouvrir sans permis d'exploitation ?
Pour un établissement concerné par la consommation sur place, non. Le permis fait partie des éléments nécessaires au dossier et à l'exploitation.
Combien de temps avant l'ouverture faut-il faire la déclaration ?
La déclaration préalable doit être effectuée au moins 15 jours avant l'ouverture, la mutation ou la translation.
Le récépissé de déclaration prouve-t-il la licence ?
Le récépissé prouve que la déclaration a été effectuée. Il doit être conservé. Mais il ne remplace pas le permis d'exploitation ni la vérification de toutes les conditions.
Une formation en visioconférence est-elle possible ?
Les formations peuvent être réalisées selon les modalités proposées par l'organisme agréé et conformes au cadre applicable. Le point essentiel est de choisir une formation conforme et sérieuse.
Je vends uniquement de la bière avec mes repas. Quelle licence faut-il ?
Selon votre activité, une petite licence restaurant peut être adaptée si l'alcool est servi uniquement à l'occasion des repas. Il faut vérifier précisément votre mode de vente.
Je veux vendre des cocktails dans mon restaurant. Est-ce possible avec une licence restaurant ?
La licence restaurant permet la vente d'alcools avec les repas dans son cadre. Si vous souhaitez exploiter un bar ou vendre hors repas, il faut vérifier si une licence III ou IV est nécessaire.
Je vends de l'alcool à emporter en journée. Dois-je avoir le permis d'exploitation ?
Pour la vente à emporter de jour, le permis d'exploitation classique n'est pas nécessaire, mais une déclaration est requise. Attention : la vente de nuit entre 22 h et 8 h impose une formation spécifique.
Je vends de l'alcool à emporter après 22 h. Que faut-il ?
Il faut suivre la formation spécifique à la vente à emporter de boissons alcooliques la nuit et respecter les démarches liées à la licence à emporter.
Je suis food truck. Ai-je besoin d'un permis d'exploitation ?
Cela dépend de votre activité réelle : type de boissons, consommation sur place ou à emporter, emplacement, événement, horaires, règles locales. Les activités ambulantes ont des restrictions particulières, notamment pour les alcools forts.
Je suis loueur de chambres d'hôtes. Suis-je concerné ?
Oui, les loueurs de chambres d'hôtes qui servent de l'alcool sont concernés par une formation adaptée de 7 heures.
Que faire si j'ai perdu mon permis ?
Contactez l'organisme qui vous a formé pour demander un duplicata si possible. Si le permis est ancien ou si l'organisme ne peut pas le retrouver, une nouvelle formation ou une mise à jour peut être nécessaire selon la situation.
Comment prouver que mon permis est valide ?
Conservez l'attestation délivrée par l'organisme, avec la date. Rangez-la avec vos documents de licence, déclaration et récépissé.
Dois-je renouveler exactement le jour anniversaire ?
Il est préférable d'anticiper. Ne laissez pas le permis arriver à échéance si vous avez une ouverture, une reprise ou une démarche administrative à venir.
Références réglementaires utiles
Cette page s'appuie notamment sur :
- Code de la santé publique, article L3332-1-1 : formation obligatoire, délivrance du permis, validité de 10 ans et prolongation après mise à jour ;
- Code de la santé publique, article R3332-7 : durées minimales des formations, notamment 20 heures, 6 heures et 7 heures selon les cas ;
- Code de la santé publique, article L3332-3 : déclaration préalable et mention du permis d'exploitation ;
- règles relatives aux licences de débits de boissons et licences restaurant ;
- informations officielles Entreprendre Service Public sur les licences de débits de boissons.
Conclusion
Le permis d'exploitation est plus clair que beaucoup d'autres obligations : il est valable 10 ans. À l'issue de cette période, une mise à jour d'au moins 6 heures permet de le renouveler pour une nouvelle période de 10 ans.
Mais la vraie difficulté n'est pas seulement cette date. La vraie difficulté est de comprendre l'ensemble du dossier : permis, licence, déclaration, récépissé, type de boissons, consommation sur place, vente à emporter, horaires, changement de gérant, reprise, licence IV, zones protégées et obligations pratiques.
Un établissement solide ne se contente pas d'avoir une attestation dans un tiroir. Il sait quelle licence il exploite, qui est formé, quand le permis doit être renouvelé, quels documents présenter, et quelles règles appliquer au quotidien.
Chez REA Formation, notre recommandation est simple : vérifiez votre permis avant qu'il ne devienne un problème. Si vous ouvrez, reprenez, changez de gérant, rachetez une licence IV ou approchez des 10 ans, traitez le sujet en amont. C'est beaucoup plus simple de sécuriser votre dossier avant l'ouverture que de corriger dans l'urgence.
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