Ouvrir ou reprendre un restaurant en France

Publié le 20 août 2026 par REA Formation · Catégorie : Ouvrir ou reprendre un restaurant

Cuisine de restaurant et démarches pour ouvrir ou reprendre un établissement en France

Ouvrir un restaurant et reprendre un restaurant existant ne suivent pas le même parcours administratif, mais les deux projets convergent vers un même socle réglementaire, à savoir formations obligatoires, déclarations aux autorités compétentes, conformité du local et, le cas échéant, licence pour la vente d'alcool. Ce guide détaille chaque étape dans l'ordre, avec les textes qui les encadrent, pour les créateurs comme pour les repreneurs.

Ouvrir ou reprendre, deux points de départ, un même socle réglementaire

Créer un restaurant de A à Z suppose de bâtir un projet commercial complet (étude de marché, financement, statut juridique) avant même de chercher un local. Reprendre un établissement existant part d'un actif déjà en exploitation, avec ses propres contraintes (diagnostic du fonds, sort des contrats en cours, validité des autorisations déjà obtenues par le cédant).

Dans les deux cas, les formations réglementaires, les déclarations en mairie et à la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP), ainsi que les normes applicables au local, doivent être vérifiées. Certaines autorisations peuvent faire l'objet d'une mutation, tandis que le permis d'exploitation reste personnel : c'est un point que les repreneurs sous-estiment souvent.

Étape 1 - Construire le projet avant toute démarche

Avant toute inscription administrative, le projet doit être posé sur le papier :

Cette étape ne dépend pas de REA Formation et relève d'un accompagnement CCI ou expert-comptable, mais elle conditionne la suite. Sans immatriculation, aucune déclaration en mairie ni auprès de la DDPP ne peut être finalisée.

Étape 2 - Trouver et sécuriser le local

Le local doit être juridiquement destiné à l'activité de restauration (bail commercial 3/6/9 avec destination adaptée, ou bail dérogatoire). Il faut vérifier avant signature :

En cas de reprise, le bail commercial est en principe cédé avec le fonds de commerce. La cession doit être notifiée au bailleur dans les conditions prévues au bail et par le code de commerce.

Étape 3 - Ce qui change spécifiquement en cas de reprise

La reprise d'un restaurant ajoute des démarches propres, distinctes de la création :

Diagnostic du fonds. Avant signature, un audit vérifie l'état des autorisations en cours (licence, permis d'exploitation du cédant, PMS existant), les contrats en cours (bail, fournisseurs) et la situation du personnel.

Cession de fonds de commerce ou cession de titres. Deux montages juridiques différents, la cession du fonds (actifs et clientèle) ou la cession des parts sociales/actions de la société qui l'exploite. Le second cas ne change pas la personne morale exploitante mais change son dirigeant, ce qui a des conséquences sur le permis d'exploitation (voir ci-dessous).

Le permis d'exploitation ne se transmet jamais. Il est attaché à la personne physique qui l'a obtenu, pas au fonds ni à la société. La personne qui déclare la mutation ou l'ouverture doit donc détenir son propre permis valide, même si le vendeur en possédait un.

La licence de débit de boissons, elle, est attachée au local/à l'exploitation et peut être mutée, mais sa mutation doit être déclarée en mairie, et sa validité doit être vérifiée (une licence non exploitée pendant 5 années consécutives est frappée de déchéance automatique).

Transfert des contrats de travail. En cas de cession du fonds, les contrats de travail en cours sont transférés de plein droit au repreneur, conformément à l'article L1224-1 du code du travail, le repreneur devient l'employeur des salariés en poste, aux conditions en cours, sans qu'un nouveau contrat soit nécessaire.

Formalités légales de la cession : acte de cession, publication d'un avis dans un support d'annonces légales, enregistrement auprès du service des impôts et paiement des droits de mutation.

Étape 4 - Les formations réglementaires obligatoires

Trois formations distinctes peuvent être requises, selon l'activité exacte. Elles ne se substituent pas les unes aux autres.

Formations réglementaires obligatoires pour ouvrir ou reprendre un restaurant
Formation Durée Qui Validité Format
Hygiène alimentaire 14h (10h e-learning + 4h présentiel) Restauration commerciale (sur place, à emporter, food truck, dark kitchen…), au moins une personne dans l'établissement Pas de limite de durée, recommandée en cas de changement réglementaire majeur Mixte
HACCP 14h ou 7h (recyclage) Hors restauration commerciale classique (métiers de bouche en vente directe, restauration collective : crèches, EHPAD, cantines) Variable selon l'activité 100 % à distance possible
Permis d'exploitation 20h (6h pour renouvellement) Tout exploitant vendant de l'alcool à consommer sur place ou à emporter hors repas 10 ans Visioconférence encadrée

Évolution réglementaire à connaître pour 2026. Le répertoire ROFHYA, qui recensait les attestations de formation hygiène alimentaire, n'est plus utilisé depuis 2026. Le décret n° 2025-922 du 6 septembre 2025 a instauré à sa place un régime d'autorisation préalable des organismes de formation par le préfet de région, avec un référentiel pédagogique obligatoire. Les organismes déclarés sous l'ancien régime pouvaient continuer à former jusqu'au 1er février 2026. Les attestations délivrées doivent désormais mentionner la date d'autorisation de l'organisme et l'autorité qui l'a délivrée. Un restaurateur qui s'inscrit à une formation doit donc vérifier que l'organisme choisi est bien autorisé sous ce nouveau régime.

REA Formation propose ces trois formations en ligne. Hygiène alimentaire 14h (299 € TTC), HACCP 14h (249 € TTC) et permis d'exploitation 20h (339 € TTC), ainsi que des versions présentielles.

Étape 5 - Les déclarations administratives obligatoires

Deux déclarations distinctes, qui ne se remplacent pas l'une l'autre :

Étape 6 - La licence alcool, si le restaurant sert de l'alcool

Servir de l'alcool implique de disposer de la licence adaptée au mode de consommation :

La licence est distincte du permis d'exploitation. L'une autorise le type d'alcool vendu, l'autre habilite la personne à exploiter. Les deux sont obligatoires simultanément dès qu'il y a vente d'alcool hors repas ou de spiritueux.

Étape 7 - Mise en conformité du local

Classement ERP. Un restaurant est classé établissement recevant du public (ERP) de type N. La catégorie (1 à 5) dépend de la capacité d'accueil. Les catégories 1 à 4 sont soumises à une visite obligatoire de la commission de sécurité avant ouverture, la 5e catégorie (généralement jusqu'à 199 personnes) procède à une auto-déclaration mais reste soumise aux mêmes normes de fond.

Sécurité incendie. Extincteurs vérifiés annuellement, dégagement des issues de secours, plan d'évacuation affiché. Depuis janvier 2026, un plan d'intervention doit également être affiché à l'entrée de tout ERP.

Accessibilité PMR. Conformément à la loi du 11 février 2005, l'établissement doit être accessible depuis la voie publique, avec des passages d'au moins 0,90 m, des sanitaires accessibles et une signalétique adaptée. Un établissement existant non conforme doit disposer d'un agenda d'accessibilité programmée (Ad'AP) ou d'une dérogation préfectorale.

Terrasse. L'installation d'une terrasse sur le domaine public nécessite une autorisation d'occupation temporaire (AOT) délivrée par la mairie, distincte des autres démarches.

Étape 8 - Les affichages obligatoires dès l'ouverture

À vérifier en salle, en devanture, au bar et en cuisine :

Étape 9 - Anticiper les contrôles DDPP

La DDPP inspecte les établissements de restauration commerciale selon une fréquence qui dépend du profil de risque, en général tous les 1 à 3 ans. Le jour du contrôle, l'inspecteur vérifie notamment :

Selon les constats, l'issue peut être un rapport sans suite, des observations, une mise en demeure de régularisation, ou une fermeture administrative immédiate en cas de danger pour les consommateurs.

Ce qu'il en coûte de ne pas être en règle

Budget indicatif pour ouvrir ou reprendre un restaurant
Poste Montant
Formation hygiène alimentaire (14h) 299 € TTC
Formation permis d'exploitation (20h), si vente d'alcool 339 € TTC
Immatriculation (guichet unique) Variable selon statut, de gratuit à quelques dizaines d'euros
Licence IV (marché secondaire), si applicable Plusieurs milliers d'euros, très variable selon la zone
Travaux de mise en conformité ERP/PMR Variable selon l'état du local

Les montants de licence et de travaux dépendent fortement du projet et ne peuvent pas être généralisés sans expertise locale. Seuls les tarifs de formation ci-dessus sont des montants fixes vérifiés.

En résumé

Créer ou reprendre un restaurant suit un même socle obligatoire (formation, déclarations, licence si alcool, conformité du local), mais la reprise ajoute des vérifications spécifiques sur les autorisations existantes, en particulier le permis d'exploitation que la personne déclarante doit détenir en son nom. Une erreur fréquente consiste à croire qu'un fonds de commerce « tout équipé » dispense de ces démarches : les autorisations personnelles ne se transmettent pas avec le bail ou le matériel.

Sources